Sémantiques du Vide (2020)

 

DOCUMENTAIRE EXPERIMENTAL

Partant d’un corpus de textes autobiographiques restés dans l’ombre, ce travail est issu d’une expérience artistique et d’une recherche performative autour du vide et de l’indicible. Le film explore les langages symboliques et la transversalité dans l’univers des signes, de l’écrit et du corps.

A l’image d’un tableau vivant qui se déroule le long d’une ligne errante, d’un fil suspendu ou d’un trait vertical, le film se déploie dans un entre-deux intemporel, un non-lieu au-delà du visible. Lieu de passage, de silence, de distance. Pas celle qui sépare, mais celle qui (ré)unit.

Concept & Réalisation : Sandie Brischler / Avec Ariane Livadiotis, Emilie Bouchez & Nathalie Lenoir

 

affiches (2)

« Toute création est un processus voué à l’inachevé.

Tentatives à jamais vaines, de dire et d’exister… »

 

 

LE FILM, synopsis

A l’issue d’une collaboration initiée par l’artiste Sandie Brischler, le film est né d’un projet de recherche pluridisciplinaire sur la thématique du vide et de l’indicible, à partir d’un corpus de textes jamais publiés. Cette exploration collective a eu lieu en juin 2019 à la galerie Cunst Link, à Bruxelles.

Cette œuvre expérimentale tente une mise en mots et en espace d’un langage inconnu à la convergence du corps, des mots, du signe, du mouvement, des sons, de la voix et des notations multiples de la trace, du texte, des textures ou du text-il… Et retranscrit la pluralité des langages artistiques, à la recherche du verbe absolu.

C’est un voyage dans un interstice où « quelque chose » se donne à voir, qui existe dans le silence entre les lignes, entre deux mots, ou qui existe dans la pause, la suspension, l’inaction entre deux mouvements. Et finalement, en explorant ces failles aussi déroutantes que créatives, la trame du film traduit une immobilité active, un vide plein.

Espace expérimental par excellence, lieu de transversalité, voyage vers l’invisible qui se tisse entre les espaces et les temporalités dans un entre-deux, un intervalle, espace du non-dit et du non-lieu, le film explore le vide et ses diverses dimensions. Il retrace les formes d’un processus à jamais inachevé, ces éternelles tentatives d’être et de dire… Fondement même de la création artistique.

 

Chapitres

1- La Traversée  (les Filtres du vide)

2- La langue de l’Absence

3-Brèche (tentatives)

4- Incorporation I

5- Réécritures et Incorporation II

 

TEASER DU FILM:

https://youtu.be/nB278Fw6JIY

 

LE PROJET

Rouleaux, CORPUS de textes autobiographiques  (Impressions de 3m X 1,50m, série)

 

Installation-Exposition, “Ecritures”

 

les “Filtres du vide” (Installation papiers découpés)

Installation les “Filtres du vide”

Performance “la Traversée” (dans l’installation des Filtres du vide”)

 

“Listes de mots”, série de dessins (encre sur papier, 50 X 60cm)

Performance aérienne dans l’exposition

 

“Logorrhée”, oeuvre in-situ  (collages de fragments et notations,  120 X 200 cm)

“Logorrhée”, oeuvre In-situ

 

Body-Writing, performance (“la Brèche”)

Performance Body-Writing (la “Brèche”)
Performance Body-Writing (la “Brèche”)

 

Incorporation I, performance

“le Signe”, espace 2

 

Incorporation II  (Installation finale + performance)

Le projet expérimental « Sémantiques du vide » a eu lieu en juin 2019, à la Galerie Cunst-Link à Bruxelles. J’ai invité trois artistes d’horizons divers et convergents, pour investir la galerie comme lieu d’expérimentation, interagir et se confronter aux notions de Vide et d’Indicible, inhérentes à l’existence et au processus de création.

Pendant un mois, et parties d’un espace totalement neutre, vierge et blanc, nous avons expérimenté ensemble la transversalité de nos langages pour explorer les dimensions du vide et de l’incapacité à dire, et tenter de retranscrire les formes qui se sont imposées comme des étapes: Étapes de développement, qui ont eu lieu dans un processus presque narratif. En mélangeant nos langages artistiques, nous avons fait naître des formes d’expression hybrides dans la mise en espace, en mots, en sons, en textures, en formes, en corps…. Que nous avons restitué sous la forme de moments performatifs qui ont été régulièrement présentés au public, tout au long de cette expérience collective.

Les réalisations ont été polymorphes et se sont données à voir tout d’abord sous la forme d’une exposition-installation de textes préexistants (« corpus » de textes jamais publiés, jamais lus, et qui sont de l‘ordre d’un « imprononçable ») et d’œuvres graphiques-textuelles sur papier explorant la déconstruction du langage. Les mots ont continué à se déstructurer dans l’espace et le corps est devenu peu à peu signe de son propre langage. Le corps dansé, le corps défiant les lois de la gravité (performances aériennes) a trouvé à son tour, dans des constellations signifiantes toujours plus riches, sa réplique dans des textures sonores et vocales puis dans des créations textiles et « tissages » qui ont fait résonance dans l’espace, en créant (ou re-créant) les liens entre les différent espace-temps, et les différents éléments de langages et de retranscriptions.

Au cours du processus, tous ces éléments sont entrés en interaction les uns avec les autres, dans la logique d’un espace fragmenté et articulé autour d’un axe comme point central, un « espace MA(T) ». L’organisation de la galerie a pris forme de manière typographique autour de cet espace transitoire, intermédiaire, ce non-lieu et non-temps, charnière entre le blanc, le vide et la trace.

La construction de l’espace sonore a tété guidé et inspiré par des réflexions personnelles mises en voix, mais aussi par des textes d’auteurs tels que Laurence Louppe (« les imperfections du papier », texte sur la notation en danse) ou du psychanalyste Daniel Sibony (« le corps et sa danse »). Nous avons suivi entre les espaces le fil d’un processus qui s’est déroulé comme de lui-même et nous a mené vers des modes d’écritures hybrides et complémentaires, où tout s’est retrouvé dans une forme d’absolu, unité finale.

La restitution complexe de ce travail de recherche et de création, qui relate différents espace-temps, s’est cristallisé dans un film du même nom, « Sémantiques du vide ». Le film retrace de manière totalement expérimentale les interactions et les étapes traversées lors de ces recherches en aveugle, dans la profondeur de l’invisible, où le verbe côtoie l’espace et le corps et se matérialise à différents niveaux. La verticalité, l’omniprésence d’une totalité et la recherche d’une forme complète ont guidé nos pas vers l’intégrité d’un langage, représenté dans l’installation finale.

(Sandie Brischler)

 

Artistes du projet :

-Ariane Livadiotis et Emilie Bouchez (textile-design)

-Nathalie Lenoir (danseuse, contemporain et pole dance)

-Sandie Brischler (arts plastiques et visuels, performances)